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L’HORLOGE ASTRONOMIQUE une louange mécanique à Dieu?

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le sujet de l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg revêt un évident avantage: il  s’adapte immédiatement   au   plan tripartite et académique imposé. Trois horloges doivent ainsi être mentionnées chronologiquement pour que l’on ait une vision complète de l’ensemble de l’œuvre: celle des trois rois, celle de Dasypodius et enfin celle de Schwilgué, qui fonctionne encore de nos jours.

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L’horloge dite «des trois rois» est donc la première, entre 1352 et 1354, à avoir été construite en ce lieu, sur le mur qui fait face à l’actuelle structure. Elle est l’œuvre d’un maître inconnu et possédait un buffet en bois, comportant un soubassement de quatre mètres de largeur sur quatre mètres de hauteur. Sa façade était occupée par un calendrier d’un diamètre de près de trois mètres qui faisait un tour par an d’un mouvement lent et continu. Il comportait, sur 366 cartouches, les quantièmes, les mois ainsi que les noms des saints. Les millésimes, les fêtes mobiles et les diverses indications du comput ecclésiastique étaient visibles dans la fente d’un index vertical fixe, derrière lequel se trouvait un disque central sur lequel étaient peintes ces indications, précalculées pour une centaine d’années.

Le rouage de l’horloge se trouvait quant à lui au premier étage, où l’on voit le cadran astrolabe. Ce cadran comportait la terre au centre, autour de laquelle tournaient une araignée représentant le ciel étoile, de même qu’une aiguille solaire et une aiguille lunaire. Les mobiles évoluaient devant un système de courbes fixes, représentant en projection stéréographique le firmament de Strasbourg, les tropiques et l’équateur céleste.

Au deuxième étage s’avançait un balcon en hémicycle au centre duquel trônait la Sainte Famille. Lorsque sonnait midi, les trois mages (qui ont donné leur nom à l’horloge) sortaient d’une porte latérale, passaient devant la Sainte Vierge et l’enfant Jésus, en s’inclinant, puis disparaissaient par la porte opposée. Pendant ce temps, un carillion jouait un cantique. Après quoi, un coq battait des ailes, élevait la tête, lissait sa queue et faisait entendre son il victorieux. Ce coq, perché sur le un met de l’horloge, était si bien conçu et i bien conservé que Conrad Dasypodius, mi l,i démonta au XVIe siècle, le jugea lii.nr de figurer sur la nouvelle horloge, ne transition littéraire toute trouvée. Le dit coq est donc réparé en 1450. i .ml il en conclure qu’il est encore en fonction à cette époque? Il semble bien que l’horloge cesse de fonctionner vers la lui du XVe siècle ou au début du XVIe siècle. Vers 1531, il est décidé de la remplacer et de détruire le précédent ouvrage.

Entrepris en 1547, les travaux durent Jusqu’en 1548. Le globe céleste, une îles   pièces  maîtresses   de   la  nouvelle horloge, est réalisé en 1546 par Hans Erstein qui y laisse un écrit:«Cette sphère a été exécutée par moi, Hans Erstein, en l’année 1546. Cette même année, l’Empereur est allé porter la guerre aux princes et aux cités protestataires de l’Empire sur le Danube près de Donauwôrth. La même année a été exécuté le pont couvert près du couvent des Johannites. Il y eut un riche automne cette année.» Lorsque la sphère est achevée et prête à recevoir son axe, Erstein l’ouvre le 16 janvier 1549. Mais l’intérim d’Augsbourg, qui rend la cathédrale au culte catholique, vient stopper cet élan. À partir de cet instant, le magistrat et les personnes engagées dans le projet s’en désintéressent et ce n’est qu’en 1558, lorsque la cathédrale est restituée aux luthériens, que le chantier redémarre. Et c’est véritablement aux frères horlogers Isaac (1544-1620) et Josias (1552-1575) Habrecht, au mathématicien Conrad Dasypodius (1532-1601), aidés de David Wolkenstein de Breslau et du peintre Tobias Stimmer que l’on doit la reconstruction de cette deuxième horloge, qui sera achevée en 1574. Celle-ci comprend un soubassement en pierre de taille revêtue de boiseries d’une largeur de 7,70 m sur 4,15 m de hauteur qui comporte en son milieu un calendrier flanqué de part et d’autre des tableaux d’éclipsés. Au-dessus du calendrier est prévu un carrousel des jours des semaines, lui-même surmonté d’un cadran à minutes. Sur ce soubassement une tour centrale de 3,10 m de large s’élève jusqu’à 18 m au-dessus du paravent de l’église. La tour présente, de bas en haut, le cadran astrolabe, le cadran de phases lunaires et les deux étages à automates.

L’horloge frappe immédiatement les esprits et son époque. Un voyageur anglais ébloui, Thomas Coryate (1577-1617) fait ainsi part de son étonnement et de son admiration :« C’est l’œuvre la plus exquise de cette sorte de toute l’Europe… Cet ouvrage compte 50 pieds de haut, du bas jusqu’au sommet. Il est entouré de trois grilles différentes, afin d’en éloigner toute personne qui le soir essayerait de s’en approcher pour en défigurer quelque partie, grilles dont les deux extérieures sont en bois, alors que la troisième est en fer et haute de yards. ».

Reste que cette prouesse technique et esthétique, aussi remarquable soit-elle, cesse de fonctionner en 1788. Le Strasbourgeois Jean Baptiste Schwilgué (1776-1856), qui accomplit là un rêve d’enfant, est chargé de la remettre en marche. À ses yeux, l’œuvre construite par Isaac Habrecht souffrait d’un mécanisme défectueux et incomplet. Il y ajoute donc trois cent pièces matérielles, pour réaliser, en 1842, le premier comput ecclésiastique automatique et perpétuel, engrenage complexe qui permet notamment de décompter les années et de calculer la date de Pâques.

Les travaux à effectuer sont évidemment extrêmement délicats et coûteux. D’ailleurs, lorsque l’architecte Gustave Klotz présente un devis de 8000 francs, en 1841, il argumente en ces termes: «Ces travaux n’ont pu être prévus des l’origine. Une grande partie de l’ancien mécanisme devait être réemployée et dès lors ne pas être changée de place, tandis qu’aujourd’hui de notables améliorations faites par Schwilgué exigent de toutes autres impositions, la plus notable exigée par l’apparition de douze apôtres, des quatre anges, cage des bois, boiseries, balustrade, nouvelle grille à barreaux, en remplacement de celle à losanges à replacer à la chaire d’où elle avait été enlevée. »

Inaugurée en 1842, l’horloge astronomique est immédiatement victime de son succès. Lisons ensemble le Démocrate du Rhin, un journal de l’époque, du 2 janvier 1849: «Hier soir vers minuit, un grand nombre de personnes attendaient à la porte de la cathédrale, vis-à-vis du château, dans l’espoir de pouvoir admirer le jeu des rouages de l’horloge astronomique: leur attente a été trompée. Minuit a sonné, les portes ne se sont pas ouvertes. Le public s’est retiré, très désappointé et regrettant beaucoup de n’avoir pu être témoin de l’une des évolutions les plus curieuses du mécanisme admirable qui, à juste titre, fait la gloire de notre cité. »

L’arrivée constante de voyageurs désireux d’admirer l’horloge provoque même rapidement des troubles à l’exercice du culte, troubles que les membres du conseil de fabrique rapportent à l’évêque, Mgr André Raess (1794-1887), en 1858:«Maigre toutes les mesures prises successivement pour assurer le respect dû au lieu saint, il n’arrive que trop souvent que cette partie de la cathédrale ressemble à une place publique plutôt qu’à un lieu de recueillement et de prière. Ce sont quelquefois des scènes vraiment tumultueuses, surtout les dimanches et jours de fête où l’affluence est ordinairement telle qu’il devient impossible d’y maintenir l’ordre. Nous avons pensé qu’il suffira de le signaler à votre attention pour qu’il soit mis un terme par le déplacement de l’horloge.» L’horloge de Schwilgué, un chef d’œuvre technique à la gloire de Dieu détourné en attraction touristique ?

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