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L’ACTIVITÉ LITTÉRAIRE

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Plusieurs raisons expliquent que la langue française éprouve  tant de difficultés à s’imposer en Alsace. D’une part les germaniques bénéficient au XIXe siècle d’un prestige eu (philosophique surtout) immense, qui éclipse quelque peu dans  les esprits celui de la France acquis au  » Siècle des Lumières « D’autre part l’Alsace elle-même témoigne d’une vitalité littéraire et intellectuelle qui ne se dément pas depuis la chute l’Empire en 1815.

Située à la croisée des grands courants d’idées européenne cité comme Strasbourg constitue à la fois un carrefour et un refuge pour les grands esprits de ce temps. Sa réputation à capitale intellectuelle s’appuie dès les premières décennies XIXe siècle par la présence de personnalités telles que les frère Stoeber, fondateurs de la poésie dialectale, ou que le célèbre éditeur Jean Schweighaeuser. Ces penseurs et savants apparaissent  comme des humanistes, un peu à la manière de ceux des XV à XVIe siècles, ouverts aux idées nouvelles et généreuses. Leur  germanophilie est patente, mais ils se réclament plutôt de l’Allemagne des libéraux, celle des Goethe, Schiller et Herde: Adolphe Stoeber invite ainsi ses amis à « agir ensemble pot la cause sainte de la liberté  » : il crée avec l’aide de son frère Au­guste en 1850 P « Alsatia « , association littéraire qui a immédiate ment un grand retentissement local (il en existe d’autres comme F  » Erwinia  » ou le  » Samstagblatt « , mais leur existence est plus éphémère).

Face au tropisme germanique, la culture française a du mal à conquérir ses lettres de noblesse en Alsace. Pourtant elle y parvient et de fort belle façon grâce à des initiatives isolées ainsi qu’à l’œuvre d’universitaires en renom. En 1864, l’historien Fustel de Coulanges écrit « La Cité antique « , ouvrage qui fera longtemps autorité. Quelques années plus tard, Charles Schùtzenberger imagine une  » réforme de l’enseignement supérieur « . De ce point de vue, le complexe allemand semble jouer à la manière d’un stimulant.

Certaines associations nouvellement créées exercent une action tout aussi décisive.  Tel est le cas de la   « Société des bibliothèques communales du Haut-Rhin « , fondée à Beblen-heim en 1863 par Jean Macé. Présidée par Jean Dollfus, cette société sera à son tour à l’origine de plus de quatre vingts bibliothèques. D’autres initiatives s’organisent afin de lancer une revue alsacienne d’inspiration culturelle française. El 1834, sous l’impulsion de Charles Boersch et de Reiner  est publiée une  « Revue d’Alsace « , mais celle-ci cesse ce paraître au bout de trois ans seulement. L’idée est reprise en 1850 à Colmar par l’historien Jean-Joseph Liblin. Au même moment Boersch crée le ‘ ‘ Bulletin académique ‘ ‘. C’est le signal d’une série de tentatives diverses, d’orientation soit historique (avec le  ‘ ‘ Bulletin de la Société pour la conversation des  Monuments historiques d’Alsace  » en 1856) soit littéraire (avec le « Bulletin de la Société littéraire  » en 1862) soit religieuse (avec le  ‘ ‘ Bulletin de la Société pour la conservation des de théologie et de philosophie « ) mais toutes inspirées par le désir de promouvoir la langue et la culture françaises.

Des écrivains percent également l’anonymat pour le grand bonheur de la culture alsacienne. Résolument francophile, Louis Spach compose ‘ ‘ Henri Farel ‘. Mais les plus célèbres, dès la fin du Second Empire, sont indéniablement Emile Erckmann et Alexandre Chatrian dont la collaboration va populariser dans toute la France une image folklorique, et parfois caricaturale, de l’Alsacien dans sa région.

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