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L’ACTIVITÉ LITTÉRAIRE
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Un grand témoin nommé Jacques de Larosière

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L’ancien gouverneur de la Banque de France revient sur cinquante ans de désordres financiers.

Une autobiographie en forme de grand témoignage et d’avertissement. Né en 1929 – l’année de la plus dramatique crise financière du siècle -, Jacques de Larosière a ensuite vécu au plus près les grandes déflagrations économiques, de la fin du système de Bretton Woods à la chute du bloc soviétique. L’ancien patron du Trésor, du FMI, gouverneur de la Banque de France puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) avertit : les largesses actuelles des banquiers centraux le plongent « dans un abîme d’interrogations et de doutes ». Extraits.

Sur la fin du système de Bretton Woods (1971)

« On a sous-estimé à l’époque la portée de l’effondrement du système de Bretton Woods […]. Le flottement des monnaies a eu des conséquences délétères sur nos économies et, plus généralement, sur nos sociétés. La fixité des changes avait, en effet, le grand mérite d’encourager les Etats à la discipline. […] On a vu, à l’usage combien le flottement des monnaies a encouragé le laxisme budgétaire et monétaire dont les effets cumulés nous écrasent aujourd’hui. »

Sur Margaret Thatcher, rencontrée pendant les années FMI (1978-1987)

« Son sens de l’humour pouvait être décapant. Je me souviens d’une rencontre entre dirigeants des nombreuses organisations internationales qui étaient rattachées à l’ONU […] Lors d’une session à Londres, nous fûmes reçus au 10 Downing Street. Mme Thatcher s’enquit de l’objet de notre réunion. Quand M. Kurt Waldheim, le secrétaire général, répondit que c’était pour « se coordonner », elle explosa : « Vous devriez avoir honte ! C’est travailler que vous devriez faire, pas vous coordonner ! » Elle demanda alors quel était le rôle joué par M. Waldheim dans ces réunions. Il commit l’erreur de répondre : « Oh ! Vous savez, je ne suis qu’un ‘primus inter pares’. » Mme Thatcher rétorqua : « On a voulu me faire croire aussi que c’était là mon rôle. Mais je n’ai jamais retenu de l’expression latine que le mot ‘?primus’. » »

Sur la crise financière de 2007-2008

« Les politiques monétaires d’aisance quantitative, mises en oeuvre pour minimiser les effets de la « grande récession », pourtant née d’un abus de l’endettement, plongent l’observateur que je suis dans un abîme d’interrogations et de doutes. L’endettement continue de s’accroître à la faveur de la création massive de liquidités à taux zéro et les taux de change fluctuent à la faveur des différences de taux entre monnaies et non des données fondamentales. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on ne peut que craindre les prises de risque excessives et la formation de bulles d’actifs dont l’éclatement est toujours problématique. »

Edouard Lederer
www.lesechos.fr/idees-debats/livres/0211009081622-un-grand-temoin-nomme-jacques-de-larosiere-2005385.php?oDxpExmI4fjdM0kh.99

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