L’ampleur des mesures annoncées par Mario Draghi, le président de la
Banque centrale européenne, a surpris les spécialistes les plus
aguerris – AFP

L’INSTITUTION BAISSE L’ENSEMBLE DE SES TAUX DIRECTEURS ET AUGMENTE LA
TAILLE MENSUELLE DE SON PROGRAMME DE RACHAT D’ACTIFS. CELUI-CI POURRA
PORTER SUR LES OBLIGATIONS D’ENTREPRISES.

La BCE a sorti son bazooka monétaire ! Après la légère déception provoquée par ses annonces en décembre dernier une simple baisse du taux de dépôt et des changements cosmétiques à son programme de
rachats d’actifs, la Banque centrale européenne avait donné rendez-vous aux marchés en mars. Mario Draghi, le président de l’institution de Francfort, avait en effet promis de procéder à un examen complet de l’orientation de sa politique monétaire [2] , et de la recalibrer si les conditions économiques l’exigeaient.
La promesse a été plus que tenue : si la baisse du taux de dépôt était attendue, la banque centrale européenne a annoncé des mesures exceptionnellement fortes, qui ont même pris par surprise les spécialistes de la politique monétaire.
La BCE a ainsi abaissé son principal taux directeur, le taux de refinancement, qui passe de 0,05% à 0% dès le 16 mars. C’est un première : cela signifie que les établissements bancaires pourront emprunter gratuitement auprès de l’institution monétaire. Le taux d’escompte, passe pour sa part de 0,30% à 0,25%. Le taux de dépôt,
baisse encore de 10 points de base pour s’établir à-0,40%. Un peu moins que ce à quoi s’attendaient certains économistes. Plusieurs d’entre eux anticipaient une baisse à -0,50%. De même, la possibilité d’un système de taux négatifs differenciés, en fonction du montant des dépôts, a été discutée, mais n’a pas été retenue.
« _Ces taux bas, très bas devraient rester en place très longtemps, au delà de la fin du programme de rachat d’actifs (qui devrait durer jusqu’à mars 2017, NDLR). Ils ne devraient a priori baisser
davantage_ », a déclaré Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi l’annonce des mesures.
Révision à la baisse des prévisions d’inflation et de croissance
La Banque centrale européenne (BCE) a abaissé jeudi ses prévisions d’inflation et de croissance pour la zone euro pour 2016 et 2017, prenant acte notamment de la faiblesse du cours du pétrole.
L’institution monétaire de Francfort a notamment drastiquement abaissé
sa prévision d’inflation pour cette année, de 1% à 0,1%, selon les chiffres communiqués par son président Mario Draghi. La BCE table sur une inflation de 1,3% en 2017 -contre 1,6% auparavant- et 1,6% en 2018.
La croissance du Produit intérieur brut (PIB) devrait être inférieure à ce qu’escomptait jusqu’ici la BCE: 1,4% en 2016, 1,7% en 2017 et 1,8% en 2018.

RÉVOLUTION POUR LE PROGRAMME DE RACHATS D’ACTIFS

Du coté du quantitative easing (QE), le programme de rachat d’obligations de la BCE, l’ampleur des mesures est tout aussi
impressionnante. Son enveloppe mensuelle passe de 60 à 80 milliards d’euros par mois. Surtout, la banque centrale va intervenir directement sur le marché du crédit aux entreprises, à compter d’avril, en
rendant éligibles les obligations émises par des sociétés de bonne qualité (catégorie « investissement ») à son programme. Une véritable révolution. Par ailleurs, la BCE passe désormais la limite de rachat d’une même souche d’obligations de 33% du nombre de titres émis à 50%, mais seulement pour les titres émis par les organisations internationales et les banques de développement supra-gouvernementales.
UN SOUTIEN DE TAILLE À LA DISTRIBUTION DE CRÉDIT

De nouveaux programmes de refinancement long terme (TLTRO) seront
proposés aux banques, pour une durée de 4 ans au taux de reifnancement, soit 0%. Si le volume des prêts d’une banque est supérieure à un certain niveau, celle-ci pourra bénéficier de taux négatifs, jusqu’à -0,40 %. Les banques toucheront ainsi de l’argent de
la BCE pour prêter  !
La Bourse de Paris a bondi de plus de 3 % [3] dans la foulée de ces
annonces. Les économistes ont été impressionnés, à l’image de Frederik Ducrozet, qui a publié le tweet ci-dessous.
Pour l’avenir , le président de la BCE a déclaré que l’institution de Francfort n’était pas à court de munitions, « comme nous l’avons montré aujourd’hui ».

14 mars 2016
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